Notes : ? Broken ?, tout comme ? Genesis ?, son roman précédent chez Grasset, nous propose un ? crossover ? des deux principales séries de Karin Slaughter, celles de ? Grant County ? (? Mort aveugle ?, ? Au fil du rasoir ?, ? A froid ?, ? Indélébile ?, ? Sans foi ni loi ?, ? Hors d?atteinte ?) avec Sarah Linton et le duo d?enquêteurs d?Atlanta, Will Trent et Faith Mitchell du ? Georgia Bureau of Investigation ? (? Tryptique ?, ? Irréparable ?). Dans son dernier roman (? Hors d?atteinte ?) de la série du Comté de Grant, l?auteur n?avait pas hésité à faire tuer le chef de police Jeffrey Tolliver, époux de Sarah Linton.
Sous les habits coutumiers du thriller, Karin Slaughter nous propose une lecture entre les lignes de ses personnages et de ses thèmes habituels qui donnent une passionnante perspective et dimension psychologique à ? Broken ? : la violence exercée vis-à-vis des femmes, la maltraitance, les abus psychologiques, la souffrance, la solitude, le mal-être, le deuil d?un être cher, la maladie que ce soit l?alcoolisme ou le diabète. Personne n?est tout ? blanc ? ou tout ? noir ? dans ? Broken ? car le talent de Slaughter en a fait des êtres de chair et de substance, et non pas des clichés.
En 1979, alors que Karin Slaughter, âgée de huit ans, vit dans ? une banlieue de la classe moyenne très protégée et isolée du monde, mon existence a brusquement basculée. ? Vingt-huit enfants noirs sont assassinés en l?espace de deux ans dans les bois des environs (les ? Atlanta Child Murders ? qui aboutissent à la condamnation de Wayne Williams pour deux de ces meurtres). ? Les parents nous interdisaient de sortir et cela nous terrorisait. J?ai vraiment été très affectée par cet événement. ?
? J?ai été frappée par le nombre de lecteurs qui m?interpellent pour me déclarer qu?ils ont été choqués par les scènes de violence exercée à l?encontre des femmes dans mes livres, alors que cette même violence envers des hommes est rarement abordée dans le roman policier. Dans ? Tryptich ?, j?ai dépeint le viol d?un homme, ce qui a mis mal à l?aise d?innombrables lecteurs masculins, qui m?ont dit,?Je n?arrive pas à lire ce passage, c?est vraiment horrible.? Et je leur réponds, ? Donc cela ne vous gêne pas quand ce sont des femmes qui en sont les victimes ? ?
Parfois accusée de violence dans ses romans (les ? accusateurs ? étant toujours des écrivains de sexe masculin), Karin Slaughter s?en défend : ? les femmes peuvent parler des crimes sexuels de manière réaliste. Après tout, c?est elles qui en sont les victimes dans la plupart des cas. Les auteurs féminins peuvent aller plus loin que les hommes. Eux ont déjà eu plus d?une centaine d?années pour écrire sur les crimes les plus violents commis à l?encontre des femmes. ? Des écrivains de romans policiers tels que Mo Hayder, Val McDermid ou Denise Mina décrivent en détail les abus sexuels : ? quand on examine la littérature policière des années 1980, les femmes sont là uniquement pour être violées et victimisées. Ce sont des saintes ou des putes. Si elles sont abusées sexuellement, le héros est obligé de les sauver. Lorsque des femmes traitent du même sujet, la victime s?en sort par ses propres moyens ? ou ne s?en sort pas. ?
? Pour écrire mes romans, j?ai mené beaucoup de recherches, notamment sur la maltraitance envers les enfants et je me suis rendu compte que les femmes sont capables d?une cruauté inimaginable. Elles sont bien plus sadiques que les hommes. Quand je parle avec des assistantes sociales, elles me confient qu?il n?y a rien de pire que de travailler sur des cas de mères abusives. Toutes celles qui ont passé leur adolescence dans une école pour filles comprennent à quel point les femmes peuvent être sadiques. ?