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couverture de : Une liaison scandaleuse
Résumé : 1'>Il la vit surgir de la maison éclairée, criant comme une furie, d'une voix de soprano étonnamment cristalline par rapport aux aboiements du gros berger allemand noir qui l'accompagnait. Alors qu'elle traversait en courant la véranda, puis dévalait les marches, la vieille porte de bois à persiennes se ferma derrière elle.Mi-harpie, mi-Walkyrie vengeresse, elle courait maintenant en direction d'Alec, seulement vêtue d'une chemise de nuit presque translucide dans la lumière provenant de la maison. Ses longs cheveux se balançaient et fouettaient son visage au rythme de sa course, chatoiement d'or mêlé d'argent sous la pâle clarté de la lune. Avec ses pieds qui effleuraient à peine le sol, sa silhouette mince, aérienne, et l'ovale très pur de son visage, elle avait tout d'une apparition.? La plus fascinante des apparitions ?, décida Alec Stanton.' Sticks ! Ici, mon chien ! cria-t-elle. Et elle plongea sous la branche basse d'un magnolia pour se frayer un chemin entre les rejets envahissants d'une spirée.Son regard était comme rivé à son chien, à présent à l'arrêt, féroce, planté devant le mur couvert de mousse. Les yeux fixés sur Alec, l'animal fit entendre un grognement qui résonna au plus profond de son torse massif. Il avait retroussé ses babines, montrant les dents en une attitude de défi menaçant. A mesure que la femme approchait, l'animal se déplaça pour prendre position entre elle et Alec, comme pour mieux la protéger.' Qu'y a-t-il, mon chien ' Qu'as-tu débusqué 'Si la voix de la jeune femme trahissait de l'inquiétude, elle ne semblait pas avoir peur quand elle ralentit son allure.Ce fut alors qu'elle vit Alec.Elle s'arrêta si brusquement que ses cheveux se trouvèrent projetés en avant, couvrant ses bras comme un faisceau de rayons de lune. Elle serra les poings, les yeux écarquillés. Puis, redressant les épaules, elle se tint soudain tellement immobile que l'on eût dit une statue de marbre pâle.Pour Alec, le chien avait cessé d'exister. Il oublia aussi pourquoi il se trouvait au milieu de cet inextricable fouillis de rosiers sauvages, de ronces et d'arbustes envahissants qu'était devenu le jardin d'Ivywild, demeure néogothique dont l'architecture rappelait celle d'un bateau à vapeur. Comme un somnambule, il avança et sortit de l'ombre. Le berger allemand bondit alors : quarante kilos de muscles bandés pour donner la mort.' Couché, Sticks ! Couché ! Le cri de la femme avait dominé le grondement du chien, mais ce dernier n'obéirait pas, Alec le comprit.Son instinct et son savoir-faire entrèrent en action. Il pivota au moment où le chien le touchait et plongea dans le sens de l'attaque afin d'en diminuer l'impact. En même temps, il saisit l'énorme tête du dogue pour l'immobiliser entre ses mains, comme dans un étau. Tournant toujours autour de l'animal, il trouva les points de compression, et y appuya les pouces. Alors, tombant à genoux, il poursuivit son mouvement de rotation pour effectuer un cercle complet.Le chien s'immobilisa instantanément. Quand Alec se redressa, l'animal était étendu sur le sol, inerte, respirant à peine.La femme, de l'autre côté du corps, s'agenouilla à son tour en gémissant et prit la tête de l'animal. La tenant serrée, elle se balança d'avant en arrière comme pour bercer le chien.' Il se remettra, observa Alec de façon laconique.La femme ne répondit pas.Quand le berger allemand émit un geignement et remua doucement, elle leva soudain la tête. Ses yeux brillaient de larmes contenues.' Vous auriez pu le tuer !' Si je l'avais voulu, il serait mort, confirma Alec. Je n'ai fait que le neutraliser pour un court moment, le temps que nous parlions.Il aurait pu faire remarquer à cette femme que son précieux Sticks avait failli l'égorger, mais à quoi bon ' Elle attrapa l'animal par le cou pour mieux le serrer contre elle.' Vous êtes dans une propriété privée, dit-elle. Partez immédiatement, ou j'appelle la police. Suis-je claire 'Pourquoi les choses se passaient-elles si mal ' Alec était venu avec des intentions bien différentes : il comptait frapper poliment à la porte et, debout sous le porche, expliquer la raison de sa visite. Jamais il n'aurait imaginé que son c'ur s'étreindrait ainsi, jusqu'à la douleur, face à la vision de cette femme vêtue d'une chemise de nuit transparente ! Jamais il n'aurait pensé que cela puisse lui arriver : surtout à lui, et ici, avec cette femme, précisément. L'émotion qu'il ressentait était trop inattendue pour être plaisante ; trop déconcertante aussi pour qu'il s'en accommode.
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